NOTRE POINT DE VUE
Sur la base de ce constat et dans l'optique de prolonger les recommandations
du pacte écologique nous pensons que notre système de santé
doit évoluer vers une médecine mieux centrée sur le patient
et sur la notion de préservation de la santé. Orienter la médecine
de ville dans cette optique, restaurer son outil thérapeutique, intégrer
les médecines alternatives et complémentaires dans le système
de santé, sont des mesures à prendre dans le cadre des priorités
de la mise en uvre de cette évolution.
NOS PROPOSITIONS
Nous demandons qu'après votre élection votre gouvernement prenne
les dispositions suivantes:
DANS
L'IMMEDIAT :
Réaffirmer la liberté de choix thérapeutique :
- Reconnaître et de réaffirmer aux médecins le droit d'utiliser
toute méthode thérapeutique, pour laquelle ils ont reçu
une formation adéquate, dès lors qu'il y a consentement éclairé
du patient.
- Reconnaître au patient le droit de choisir la méthode thérapeutique
qui lui convient, de façon complémentaire ou alternative et
de pouvoir poursuivre son traitement même s'il est pris en charge par
un service d'urgence ou s'il est hospitalisé. Considérant que
ce point ne doit pas conduire les patients à être soignés
hors d'un cadre institutionnel rigoureux.
- Veiller à ce que les Caisses Assurance Maladie remboursent les préparations
magistrales, (de phytothérapie notamment
) à but thérapeutique,
prescrites par un médecin, d'une façon égalitaire sur
l'ensemble du territoire; En effet, il règne un certain désordre
en la matière et le récent et ambigu décret du 29 11
2006 créé encore plus de confusion.
- Veiller à ce que les pharmacies réalisant des préparations
magistrales puissent continuer à le faire dans les meilleures conditions.
- Différer les déremboursements éventuellement programmés.
A COURT TERME
- Organiser la création d'une commission paritaire ad hoc chargée
dans un premier temps d'évaluer - à partir d'une enquête
sociologique - la demande de la population en direction des médecines
alternatives et complémentaires (CAM) et en second lieu étudier
les modalités d'intégration de ces approches médicales
au système de santé.
- Dresser un bilan de l'utilisation actuelle de ces pratiques thérapeutiques
par la médecine de ville et en unités hospitalières
- Définir un protocole d'évaluation de l'efficacité et
du Service Médical Rendu des traitements et médicaments prescrits
dans le cadre des médecines alternatives et complémentaires
adapté à ces pratiques et redéfinir les critères
de prise en charge par l'Assurance Maladie. Il en est de même pour les
" petits médicaments " de synthèse.
- Définir les modalités d'évolution du système
de santé et plus particulièrement de la médecine de ville
vers une médecine plus centrée sur le patient et la préservation
de la santé.
A COURT ET MOYEN TERME
- Procéder à l'implantation progressive des mesures.
- S'attacher à résoudre la crise de la médecine de ville
et à restaurer son outil thérapeutique par introduction des
CAM et modification de la politique de remboursement.
- Organiser et favoriser la recherche dans les domaines des CAM.
- Organiser une réflexion sur le contenu des études médicales
de manière à faire plus de place à une " médecine
généraliste " appréhendant le patient d'une manière
plus globale et à préparer ou offrir une possibilité
de formation aux CAM.
QUESTION
La reconnaissance européenne.
Dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres la France a de nombreux retards.
Que compter-vous faire afin d'y remédier, sachant que :
- Deux résolutions européennes recommandent aux États
membres de prendre en compte ces médecines (CAM) dans leur système
de santé :
- La résolution A4-758/97 du Parlement Européen sur le statut
des médecines non conventionnelles (29 05 97).
- La résolution n°1206 du Conseil de l'Europe dans " Une approche
européenne des médecines non conventionnelles " (04 11
99)
- Les CAM sont intégrées dans le 7e programme-cadre européen
de recherche.
- Les Directives européennes sur les médicaments réglementent
la production des médicaments homéopathiques, phytothérapiques,
anthroposophiques et d'usage traditionnel.
- L'Agence Européenne du Médicament de Londres (EMEA) s'intéresse
à l'application des Directives sur les médicaments homéopathiques
et anthroposophiques et intègre les associations de patients au nombre
des consultants.
CONCLUSION
La reconnaissance des médecines alternatives et complémentaires
à côté de la médecine allopathique - dont nous ne
contestons pas l'utilité mais dont les coûts énormes ont
mis le système de santé en faillite - est devenue incontournable.
Dans ce domaine, la France ne peut pas rester un pays rétrograde et répressif.
Le principe de subsidiarité ne peut pas servir d'alibi à l'immobilisme.
Orienter le système de santé vers une médecine mieux centrée
sur le patient et la santé nous paraît également une nécessité
pour qu'il puisse redevenir viable sur le plan économique et social.
Certains que vous comprendrez cette problématique et que vous saurez
accéder à la demande de nombreux citoyens responsables, nous vous
prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'assurance de notre plus haute considération.
Gilbert JULLIARD
Président
PS : Nous communiquerons votre réponse à nos adhérents.
Pièce jointe :
- Carte identité de l'association PHYTO 2000