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STRESS ET PLANTES SEDATIVES

le point de vue d'un médecin phytothérapeute belge

Pour le Docteur Buelens (Bruxelles, I.M.P.B.), il est intéressant de comprendre ce qu'est le stress afin de pouvoir l'aborder de différentes manières dont l'une est le recours aux plantes médicinales.

Pour les médecins de l'IMPB, le stress est une réaction neurophysiologique face à des situations trop pressantes pour l'individu, proportionnelle à l'incertitude ou à la certitude de l'absence de solution.
Il est nécessaire à la survie de l'homme en appelant des réactions positives qui peuvent être des motivations nouvelles ; dans ce cas, le stress est un état d'équilibre dans un système dynamique.
Mais l'organisme peut ne pas s'adapter, il y a décompensation par rapport au stress et ses réponses sont négatives : assuétude à l'alcool et autres drogues, maladies organiques, insomnie, épuisement. Quand on n'a pas la clé de ses problèmes, on est encore plus stressé.

On peut différencier plusieurs stress : le stress psychique lié à l'incertitude, le stress physique provoqué par des épreuves physiques, le stress infectieux accompagnant une infection grave, le stress métabolique des excès alimentaires, le stress endocrinien, conséquence d'un dérèglement à la suite d'une grossesse ou d'un régime amaigrissant, par exemple.

Géré dans le cerveau, au niveau des cellules pyramidales de l'hippocampe, le stress augmente le flux sanguin au niveau des organes moteurs (coeur, poumons), provoque des élévations significatives de son taux de cortisone (hypercortisolémie), entraînant une diminution des réponses immunitaires, une sensation d'épuisement.
Toute atteinte de l'hippocampe conduit à la longue à une dépression et une altération des fonctions essentielles de l'adaptation au stress.

Tous les individus ne sont pas égaux devant le stress.
S'il vaut mieux se prémunir contre lui en ne se mettant pas dans des situations impossibles, ses effets varient toutefois selon la représentation personnelle que l'on s'en fait, sa répétitivité, sa prévisibilité. Le caractère, la race, la culture, le contexte social, sont autant de facteurs modifiant les réactions au stress.

Pour le Docteur Buelens, de nombreuses plantes permettent d'agir sur les divers symptômes du stress.
Les plantes adaptogènes comme le Ginseng qui agit au niveau du système cérébral et périphérique, l'Eleuthérocoque, immunostimulant, antidiabétique, régulateur de la tension artérielle, doivent permettre de guérir les désastres physiques et psychologiques engendrés par le stress et l'épuisement hypothalamique.

Les plantes calmantes comme le Tilleul, qui s'oppose à l'agitation anxieuse, aux phobies, destiné plus particulièrement aux intellectuels surmenés, la Ballote qui agit sur l'hystérie, l'angoisse, sont de véritables anxiolytiques.
Les plantes de stress comme le Houblon, l'Oranger amer, l'Aubépine qui peut être donnée aux enfants à la place du Valium.
Les plantes toniques comme le Cassis qui s'oppose au surmenage, à l'épuisement, au chagrin, le Thym qui élève la tension des jeunes adultes hypotendus, la Gentiane, l'Argousier, combattent la fatigue de ceux qui luttent contre le stress.
Les plantes antidépressives comme la Coriandre en teinture mère, tonique, stimulante du système immunitaire, la Lavande (fleurs) qui combat la neurasthénie, le Millepertuis pour les dépressions réactionnelles.
Les plantes immunitaires comme la Gentiane, le Gui aux vertus hypotensives.

Pour terminer son exposé, le Docteur Buelens a attiré notre attention sur les effets secondaires et la toxicité de certaines des plantes citées, qu'il ne faut pas sous-estimer. La représentation schématique en étoile des différentes activités préventives de ces plantes, montre que leur mélange dans une prescription adaptée au patient, renforce leurs actions. Ainsi, selon l'Ecole Belge de Phytothérapie, peut-on obtenir une prévention à tous les niveaux du stress en associant par exemple, Ginseng et Passiflore, Oranger amer et Origan, Eleuthérocoque et Pavot Jaune de Californie...


Après cet exposé très intéressant pour lequel il remercie le Docteur Buelens, le Docteur Lapraz (Paris, S.F.P.A.) fait remarquer à l'assemblée que la notion de stress a donné lieu à de nombreuses confusions. L'une des erreurs le plus fréquemment commise est d'assimiler le stress, réaction physiologique, à l'aspect psychologique du vécu d'une situation dite stressante ; déviation de sens liée à une mauvaise traduction du mot anglais "stress".

Pour les médecins de la S.F.P.A., le stress est une réponse physiologique obligatoire de l'organisme à toute agression, quelle qu'en soit la nature (physique, chimique, psychologique, etc...).Cette réponse physiologique devient pathologique lorsque l'organisme soumis à une quelconque agression, n'arrive pas à s'adapter. Elle met en jeu l'ensemble du système hormonal qui doit être considéré comme le gestionnaire métabolique général de l'organisme.

L'étude de ces mécanismes et des déséquilibres induits, conduit nécessairement le médecin vers une approche dite de terrain qui permet, lorsqu'elle est bien maîtrisée, d'établir un diagnostic clinique très précis, basé sur l'examen attentif du patient et de tirer des conclusions qui conditionnent le choix de la thérapeutique appropriée.

La pratique de la médecine de terrain s'appuyant sur la théorie endocrinienne du terrain, permet d'affiner le diagnostic et de prescrire très précisément les plantes qui corrigeront les réactions pathologiques avec plus de chance d'efficacité.


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