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suivi de : QUEL SENS DONNER A LA MEDECINE ?
Rappelons que la Convention Médicale s'adresse à tous les assurés sociaux, qu'elle est destinée à organiser les rapports entre les médecins libéraux et les Caisses d'Assurance Maladie, dans le but d'obtenir la maîtrise médicalisée.
Quinze mois plus tard, le Docteur Desgranges, Paris, membre de la S.F.P.A.nous explique quelle est la situation par rapport à la Convention qui a été signée.
- L'utilisation de l'ordonnancier bizone concernant le remboursement à 100% fonctionne bien ; depuis le 1er janvier 1995, les sanctions sont appliquées aux médecins dont les precriptions sont faites dans des zones contestées par les Caisses.
- La mise en place du Dossier Médical a été reportée à la mi-mars sur l'ensemble du territoire et ne concernera, dans un premier temps, que les patients âgés de plus de soixante dix ans et présentant deux types de pathologies nécessitant un traitement d'au moins six mois.
Ce Dossier Médical comportera deux parties : un dossier médical gardé par le médecin traitant, un carnet médical gardé par le patient.
En 1997, en fonction des résultats obtenus, l'extension du système à l'ensemble de la population sera ou non décidée.
Le résultat escompté par les Caisses d'Assurance Maladie est une diminution des dépenses, en limitant le nombre des prescriptions et des actes inutilement répétitifs.
- Le codage des actes n'est pas encore au point. Il permettra aux Caisses d'Assurance Maladie de mieux contrôler le travail des médecins (en ayant connaissance du pourquoi et du comment de leurs prescriptions), mais il ne pourra pas se faire sans le support d'un important réseau informatique, ce qui soulève beaucoup de problèmes d'ordre éthique et pratique.
- Il y a désormais quelque deux cents Références Médicales Opposables qui sont les bonnes pratiques médicales mises au point par des commissions, dont les médecins conventionnés doivent tenir compte pour établir leurs prescriptions.
On peut se demander si les médecins, systématiquement, ne penseront pas par rapport à des textes de lois.
Depuis le 1er janvier 1995, des sanctions financières sont appliquées aux médecins qui ne respectent pas ces R.M.O.
On en vient à reprocher au médecin, non plus seulement un excès d'actes mais également un choix thérapeutique insuffisant.
- Le secteur optionnel est un objectif de la nouvelle Convention.
Actuellement, les médecins sont répartis en trois secteurs :
- le secteur 1 est celui des médecins conventionnés dont les honoraires de consultation sont tarifés.
- le secteur 2 est celui des médecins conventionnés dont les honoraires sont libres (le médecin peut percevoir ce qu'il veut "avec tact et mesure", disent les textes).
- le secteur 3 est celui des médecins non conventionnés.
Pour les deux premiers secteurs, le prix de la consultation est remboursé à 65% pour tous les assurés sociaux. Pour le secteur 3, le prix de la consultation n'est pas remboursé (remboursement forfaitaire d'environ 3 F).
Depuis cinq ans l'installation des médecins en secteur 1 ou 2 est réglementée. On a créé des "zones d'ombre" sur le territoire français où les médecins du secteur 2 ne peuvent s'installer s'ils sont jugés trop nombreux par rapport à leurs confrères du secteur 1.
Les Caisses d'Assurance Maladie voudraient opérer la fusion des secteurs 1 et 2 en négociant avec les Syndicats de Médecins un quota d'actes annuel, en contrepartie de quoi, elles accepteraient une augmentation des tarifs des honoraires. Aucun accord n'a été conclu dans ce sens, jusqu'à présent.
C'est en quelque sorte un système à l'allemande qui ne veut pas dire son nom, une enveloppe globale déguisée pour un volume d'actes bien déterminé à l'avance, de façon à le verrouiller...
Diminuer le coût de l'Assurance Maladie pour endiguer le monstrueux déficit de la Sécurité Sociale, tel est le but des Caisses.
Pour 1994, l'objectif provisionnel d'augmentation des dépenses de santé en ville était de 3,4%.
Il faut savoir que durant ces dix dernières années, alors que l'inflation ne cessait de décroître, les dépenses de santé ont augmenté de 6 à 7% par an.
Pourtant, en 1994, les honoraires n'ont augmenté que de 0,6%, les dépenses de pharmacie de 0,8% et les dépenses de biologie (secteur particulièrement visé par les R.M.O.) ont diminué de 10%, entraînant des économies de plusieurs millards.
Malgré tout, le déficit est toujours là.
Le Docteur J.C Lapraz, Secrétaire Général de la S.F.P.A., nous amène à s'interroger sur le système de santé que les structures ministérielles et administratives proposent et imposent à tous les assurés sociaux. Il nous invite à réfléchir sur certains choix économiques et sur diverses orientations politiques qui peuvent faire redouter une évolution dangereuse de la Santé vers la standardisation, l'uniformisation, la collectivisation, et la répression... Après avoir écouté le remarquable exposé du Docteur Desgranges, comment en effet ne pas craindre un tel glissement vers des zones où la norme sera le standard contre l'individu, le zéro face à l'infini ?
Est-ce bien un tel système que souhaitent les Usagers de la Phytothérapie ? N'est-il pas en contradiction flagrante avec l'exercice d'une médecine de la personne, telle qu'ils la savent possible maintenant, et qu'en tant que patients ils apprécient et souhaitent conserver.
Les références médicales opposables (RMO) sont une illustration caricaturale des lois standardisées actuellement proposées pour traiter des maladies et non plus des malades. Par essence même, elles s'opposent à la notion fondamentale de respect de l'individu. Serions nous à l'aube d'une médecine mécaniquement informatisée, à laquelle certains semblent aspirer, et où le rôle du médecin se limitera à délivrer par la machine "presse bouton" un traitement standard au patient abandonné aux machines et aux grilles de questions-réponses qu'elles auront avalées.
C'est parce qu'on a expurgé l'Homme de la Médecine qu'un tel système a pu prendre racine. Et le réintroduire au coeur de celle ci, c'est le sens du combat que les médecins de la S.F.P.A. mènent depuis plus de vingt ans. Le vrai débat qui s'impose à tous est un débat de fond sur l'avenir de la Médecine. C'est la conception même de celle-ci qui doit être repensée, à travers une vision globale et non plus disséquante de l'individu.
Une telle démarche impose que le regard du médecin sur son patient ne soit plus aussi limité que celui qu'il pose lors d'une approche exclusivement symptomatique de la maladie. Elle requiert une telle attention à l'égard du malade, de tels efforts intellectuels, une telle remise en cause du système actuel, que peu de médecins ont le temps de le faire, ou veulent le prendre ou en ont les moyens. Ils sont encore très peu en France à pratiquer ce type de médecine de terrain, d'où de longues listes d'attente de patients.
La réponse à une telle demande concerne directement les pouvoirs publics qui doivent être interpelés de façon très précise et ferme à ce sujet. Les systèmes de santé des pays dits avancés font chaque jour davantage la preuve de leurs graves faiblesses. Une des solutions possibles à une telle crise passe par la réintroduction des plantes médicinales comme éléments de base de la thérapeutique. C'est la conclusion à laquelle sont arrivés les représentants de 49 pays au Congrès de Tunis en 1993.
C'est parce que les médecins de la S.F.P.A. ont pris conscience de l'enjeu planétaire d'une telle démarche pour le futur de la Santé, qu'ils ont décidé de partir à l'étranger, à la rencontre d'autres médecins qui s'interrogent eux aussi sur le sens de la médecine actuelle. Des alliés sont indispensables : la circulation et la diffusion des nouvelles idées permettront de vaincre les obstacles qui se présentent sur une telle voie. Et ceux-ci sont multiples : idéologiques, scientifiques, universitaires, économiques, financiers, etc...
Grâce à l'enseignement que la S.F.P.A. dispense et aux nombreux contacts qu'elle établit, la progression des idées fait son chemin. Le travail le plus important se développe en Tunisie où un groupe très actif de médecins travaille sur les nouvelles bases scientifiques qui leur ont été communiquées. Il est probable que dans les mois à venir un DESS de phytothérapie clinique sera créé en Faculté de Médecine dans ce pays. Ainsi, à cette première étape de la diffusion des notions de base de la nouvelle phytothérapie clinique, la preuve est apportée qu'un tel savoir est transmissible.
En tant qu'usagers d'une telle médecine, nous avons le devoir de permettre à la Société Française de Phytothérapie et d'Aromathérapie de poursuivre son travail de mise en forme scientifique des travaux et des recherches que ses membres poursuivent et des résultats qu'ils obtiennent.
Il faut qu'ensemble nous unissions nos efforts afin que la conception de la Médecine qu'elle propose soit prise en considération par les pouvoirs publics de notre pays et que l'enseignement qu'elle diffuse à l'étranger soit introduit dans nos propres Facultés pour la formation des médecins français.
C'est pour aider à la réalisation de ces projets que PHYTO 2000 doit se développer rapidement et qu'une participation de chacun d'entre-vous, réelle, active et coordonnée, est indispensable.