AUTRES ARTICLES

LA FIN DU SIECLE MARQUERA-T-ELLE LA FIN DE LA MEDECINE EXPERIMENTALE ?

par les docteurs C. Duraffourd et J.C. Lapraz
Président et Secrétaire Général de la Société Française de Phytothérapie et d'Aromathérapie (SFPA)
et de la Fédération Internationale des Associations de Défense de Recherche et d'Enseignement de la Phytothérapie (FIADREP)

Au cours de ce siècle, les connaissances de la science moderne, et ses applications technologiques, ont progressé à une allure vertigineuse. Elles ont permis à l'homme de vivre une aventure qu'aucun délire, même le plus fou, n'aurait pu dans un passé, ni lointain, ni récent, concevoir.

Scrutant l'horizon pour comprendre ce qui se passe au delà, dans l'infiniment lointain, y rencontrant un passé de vingt milliards d'années pour mieux se projeter dans le futur, explorant l'infiniment petit pour percer les secrets de la vie, l'homme de science, nanti d'une technologie surpuissante, en évolution constamment accélérée, s'est peu à peu crû maître d'un pouvoir qui, pourtant, le dépasse.

L'homme de la Science Médicale n'a pas échappé à ce piège. Disséquant l'homme de ses organes vers ses cellules, chacun de ses noyaux, il s'attaque au gène, à la structure du code génétique. Dans son avancée du visible vers le non visible, il pense à chaque étape avoir trouvé, définitivement, la clé des maladies.

Partant des "humeurs", il individualise successivement le responsable de toutes les maladies. Il a d'abord nom germe, puis champignon, puis virus. Il implique les grands métabolites et leurs chaînons multiséquentiels, les protéines de l'immunité, celles de la catalyse, puis les éléments minéraux et logiquement la responsabilité de la moindre molécule. En se rapprochant ainsi de l'unité fonctionnelle de vie, le chercheur pensait trouver, enfin, le mécanisme commun, unique, de toutes les perturbations pathologiques.

Pourtant, il manque à chaque fois la cohérence unanime, l'absolu incontournable pour tous et pour chacun. Alors on accuse la structure fissurée, le gène étranger coupable de l'intérieur des maladies extérieures. Il a tout pour séduire, l'aspect du germe, porteur de pathologie, aux conséquences inéluctables liées à sa seule présence. Participant de la configuration de tous, il permet de persévérer dans la continuité de la médecine expérimentale: irresponsable, le malade reste innocent de sa maladie. Exclu de toute participation à la genèse de celle ci, l'homme reste interdit de toute participation à ses soins, toute participation à sa guérison.

Même générée du dedans, la maladie lui reste extérieure! La guérison ne peut donc venir que du dehors.

Contre le germe, on applique l'antigerme. Contre le cholestérol, on applique l'anticholestérol. Contre le fer, on applique l'antifer. Contre le gène, appliquons l'antigène!
Car une fois encore, mais celle-ci c'est la bonne, avec le gène, on tient la cause véritable !

L'homme malade, ainsi causalement défini, devient sa seule et unique maladie. Standardisé, robotisé, même pièce de rechange, même remède fondé sur la même mode! Que ce soit à Paris, Lyon, Marseille, à New York, Los Angeles, à Moscou ou Saint Petersbourg! Que ce soit à Cotonou, Abidjan, Niamey ! Un germe, c'est un microbe et vice versa ! Une "microbite" appelle un antibiotique, les rebuts à l'exportation sous développée, le dernier, surpuissant, à la mode, dans nos pays surindustrialisés, celui de la énième génération ce redoutable tueur, qui les exterminera tous !

Pourtant la rechute ? la récidive ? Elles reviennent, inexorables, un peu plus vite, un peu plus fort. Même échec pour les anti-mycosiques! Échec encore pour les antiviraux, échec avant même la moindre ébauche de résultats. Échec de la technologie qui ne se décourage pas avec la promesse pour bientôt des virus guérisseurs, vecteurs d'informations géniques.

La révolution pastorienne aura-t-elle, finalement, mis un frein à l'évolution et au progrès de la science de l'homme ?

La question doit se poser devant la triste réalité quotidienne du généraliste: progression constante des infections et multiplications de celles d'origine virale, des maladies dégénératives, et accélération des cancers, pour ne citer que les plus médiatiques.
Le miracle de la médecine moderne n'a pas eu lieu!
Où faut-il en chercher la cause ? Dans les conséquences inattendues des armes thérapeutiques, remarquablement actives? Dans leur usage débridé et abusif ?

La faillite n'a-t-elle pas plutôt sa racine dans les limites conceptuelles des théories issues des découvertes pastoriennes fondant, depuis un siècle, la médecine expérimentale ?
La maladie n'est pas extérieure à l'homme. Il n'est pas coupable, mais pleinement responsable de ses pathologies. Seul il autorise les déviances de son équilibre physiologique responsables de la quasi totalité des maladies systémiques, des maladies chroniques, seul il délivre les autorisations d'installation des agents agresseurs, qu'ils viennent du dedans, comme du dehors.

La médecine ne peut sortir de son impasse que par la seule voie possible, celle de la considération, la prise en compte réelle de l'homme physiologique.
Mais aucune des orientations fondamentales des autorités, qu'elles soient politiques, scientifiques, médicales, qu'elles concernent la recherche, la pratique préventive ou curative n'amorce le moindre mouvement, la moindre perspective dans ce sens.

L'attribution des fonds publics, de plus en plus considérables, destinés à la recherche, continue de favoriser inéluctablement et exclusivement la perdurance du système actuel qui s'autodétruit dans sa vision parcellaire de l'homme.
La quête du miracle continue, de la particule providentielle qui serait responsable de tout, à la molécule miracle qui guérirait tout.

On ne laisse aucune place à ceux qui gardent la conscience qu'une autre voie existe, et qui refusent de continuer à contribuer à la destruction systématique de l'ensemble des individus pour préserver un hypothétique malade.
La zone de rupture catastrophique de notre système de santé est atteinte. D'abord dans l'espérance de la santé véritable pour tous, de la durée et de la qualité de vie de demain, ensuite dans son financement avec l'échec de tous les systèmes sociaux.
Une vraie solution existe.

Elle ne peut se concevoir hors d'une approche totale de l'individu. Mais une approche cohérente qui conserve aux données de la tradition ses valeurs fondamentales à la source des avancées scientifiques modernes et que l'élection des voies de recherche et la sectorisation des applications ont fait totalement oublier.

Reprendre de la hauteur dans le regard posé sur le monde, sur l'homme et sur son environnement qui le nourrit et le protège, qui assure la balance des genres, permettra seul à l'homme de demain de survivre.

Commençons par la santé et le système qui la gère dans notre civilisation, et nous aurons fait oeuvre utile dans la part qui nous concerne, nous patients et médecins, qui avons choisi de nous y impliquer dans notre intégralité.


AUTRES INFOS & ARTICLES

Déposez vos questions sur notre Email, il vous sera répondu très rapidement.