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On peut se demander par quel chemin la réanimation conduit à la Phytothérapie. Dès nos premiers stages d'interne en réanimation, nous avons été frappé par certaines observations.
1) Des patients, jusque là en bonne santé, se retrouvaient dans un lit de réanimation, pour avoir absorbé des médicaments apparemment insignifiants, dans le but d'enrayer un symptôme, simple désagrément sans gravité. Parfois même, on ne retrouvait aucune relation entre l'indication traditionnelle et pharmacologique du médicament et l'action thérapeutique recherchées par le patient. Le résultat était catastrophique et mettait leur vie en danger, voire de façon irréversible.
2) D'autres patients devaient leur hospitalisation en réanimation à l'omission de "petits gestes", ces "petits soins" tout simples qui passent inaperçus en temps normal et dont on redécouvre, avec stupeur, le bien-fondé lorsque l'on voit ce que devient la situation quand ils ne sont plus faits... là encore une telle négligence pouvait aller jusqu'à mettre la vie en péril.
3) Certains traitements sont lourds à supporter et des malades qui y sont soumis, bon gré mal gré, se plaignent ouvertement ou de façon voilée, d'étre rendus plus malades par le traitement de leur maladie que par la maladie elle-même.
Les écoute-t-on nous faire part de leurs impressions?
1) Rien n'est anodin, que ce soit en matière de médicament ou de petite tâche quotidienne accomplie pour le bien commun et en particulier la santé des patients qui nous sont quotidiennement confiés.
2) N'existe t-il pas des techniques de soins et (ou) une (ou des) manière de soigner qui soient moins traumatisantes pour l'individu, moins dénuées d'effets secondaires indésirables pouvant même compromettre la santé des personnes, santé physique mais aussi psychique, affective, et morale. Des traitements éprouvants peuvent conduire au découragement et au désespoir Si on n'y prend pas garde.
3) I1 nous est donc apparu après 10 années d'études fastidieuses à la Faculté de la nécessité impérative de tenir davantage compte du malade en tant que personne humaine, de chercher à considérer sa santé non plus de façon ponctuelle au temps t0, qui est l'instant présent, mais dans le temps et dans l'espace.
Quel est son intérêt à court terme, à moyen terme et à long terme ?
Comment envisage t-il sa vie et sa santé ?
Comment souhaite t-il se soigner ?
Peut-être a t-il lui aussi son mot à dire sur la question ?
Peut-être existe t-il, même à l'hôpital, un terrain d'entente et de détente où les intérêts de l'un, le malade, rejoignent la façon de faire, de penser, de décider et de soigner de l'autre, le médecin ?
4) Un certain nombre de malades, de par leurs convictions intimes, leur éducation, leur passé, leur façon de vivre, leur philosophie de la vie, leur comportement vis à vis de "la maladie" et de la mort ont peur ou font un rejet des thérapeutiques chimiques modernes, ils ne voient et ne pensent que par les vertus des plantes, de l'argile, du miel et autres substances issues de la nature, jusqu'à fuir le monde médical, prescripteur de drogues chimiques pour courir tous azimuts vers des "pseudo-médecins" ne connaissant rien à la physiologie, à la clinique et la pharmacologie mais qui sont des prescripteurs "de plantes".
Ils en ont observé les effets à maintes reprises, elles sont pour eux synonyme de vie et de santé. Leur emploi les motive dans la lutte contre la maladie et stimule leur espoir.
Arrivés à l'hôpital, ils se retrouvent habituellement "Amputés" de ce contexte thérapeutique qui est le leur, qui quelque part leur est vital.
Bien souvent ils n'osent même pas en parler, cachent leurs médicaments salvateurs et les prennent en cachette...
Ne serait-il pas mieux et plus simple de leur permettre de s'exprimer, d'écouter leur demande, de l'utiliser pour les faire participer à leur traitement ?
Des moyens thérapeutiques à notre disposition, dont chacun, du plus ancestral au plus "top-niveau fin du XXèrne siècle" a son action pharmacologique propre, ses avantages et ses inconvénients, ses indications et ses contre-indications.
Faire le tri ensemble, établir ensemble une stratégie thérapeutique tout comme en temps de guerre, toutes les bonnes volontés, toutes les armes, toutes les ruses sont utilisées comme autant de moyens à notre disposition pour débouter l'ennemi.
Ainsi en est t-il de notre demarche médicale.
Lorsque nous avons a soigner un malade, nous nous attachons d'abord à faire le point de la situation, ce malade qui est devant nous, dans quel état nous arrive t-il ?
Quelle est sa situation actuelle ? Quel est son passé ?
Quelle sera l'évolution logique, prévisible de sa maladie ? Quelles vont être ses possibilités de récupération ? Quelles seront les séquelles ?
Quels moyens thérapeutiques devons-nous mettre en oeuvre pour le guérir voire seulement le soulager en urgence, à court terme, à moyen terme et (ou) à long terme ?
Si en urgence, bien souvent, les médicaments chimiques usuels sont indispensables et irremplaçables, dans un second temps, on peut réfléchir sur l'opportunité d'associer un traitement autre, tel que l'utilisation des plantes médicinales au traitement chimique classique qui se trouvera ainsi facilité par une meilleure acceptation, une meilleure assimilation, une diminution des effets néfastes, une potentialisation des effets correcteurs.
En effet, un traitement phytothérapique établi en fonction des lois de la physiologie va permettre au malade de lutter contre sa maladie en renforçant les défenses de son organisme, de ralentir l'aggravation de sa maladie en freinant voire en inversant les mécanismes qui lui ont donné le jour et de rendre le traitement "classique" plus efficace, moins toxique, mieux toléré et d'en minimiser les effets néfastes, tout en respectant les idées et l'éthique du malade sur sa propre vie, sa santé et sa manière de se soigner.
L'hôpital n'est pas une prison dans laquelle le malade est coupé de tout, de tous, jusqu'à lui-mème, mais bien une plateforme qui permet de passer un cap difficile et dans les meilleures conditions possibles tant physiques que psychologiques, affectives et morales.
Et si l'espoir du malade ne tenait qu'à une petite fleur qui réjouit son coeur, lui redonne courage et forces physiques..? Serions-nous assez barbare et sans coeur pour lui ôter ce moyen de défense que nous savons par ailleurs d'une réelle valeur thérapeutique parce que l'usage ancestral, l'Alpha, et les données les plus élaborées de la science pharmacologique et clinique d'aujourd'hui, l'Oméga, sont là pour nous l'apprendre et se rejoignent au chevet du malade pour son Bien ?
Encore faut-il prendre le temps de s'arrêter au lit du malade pour le "regarder", l'écouter, l'examiner et . . l'aimer afin de s'en apercevoir.
Non seulement la Phytothérapie a un intérêt en milieu hospitalier à l'aube du XXIème siècle, mais elle est une arme thérapeutique supplémentaire que nous avons le DEVOIR d'étudier, de développer et d'utiliser pour "guérir parfois, soulager souvent, consoler toujours" les patients lorsque l'occasion se présente. Nous tenons à remercier ici tous ceux qui ont compris notre démarche et nous aident à la concrétiser dans la pratique quotidienne, tant au lit du malade, qu'auprês de ceux que nous voyons en consultation.
Un merci tout particulier à l'équipe "des tisaniéres" qui met tout son art et tout son amour à la préparation des décoctions.