Cas Clinique n°2

 

 

La Phytothérapie Clinique : une application thérapeutique

qui repose sur une approche globale de l'homme.

Docteur Jean-Claude Lapraz

HEPATITE C CHEZ UNE FEMME ATTEINTE D'UN CANCER DU SEIN

 

L'approche oncobiologique, telle que nous la pratiquons dans le cadre hospitalier de la Clinique Chirurgicale Générale et Oncologique de Boucicaut (Pr Reynier) nous a mis depuis cinq ans en contact avec de nombreux malades porteurs d'affections très graves.

Madame S. Mila a subi le 14/12/90, à l'âge de 35 ans, une ablation totale du sein droit avec curage ganglionnaire pour un cancer (carcinome canalaire multifocal infiltrant de stade lll). La gravité de son cas impose la mise en place d'une chimiothérapie par Novantrone, Endoxan, Fluoro-uracile, Méthotrexate qu'elle reçoit du 25 Avril au 5 Octobre 1991, suivie d'une radiothérapie.

En Avril 1992, elle subit une intervention de chirurgie plastique mammaire pour une reconstitution du sein ôté. Le bilan de contrôle du suivi régulier de sa maladie montre en Juillet 92 une montée du taux des transaminases, enzymes dont l'élévation traduit l'intensité d'une atteinte hépatique, (SGOT à 161 UI, pour une normale inférieure à 3O, et SGPT à 353 UI, pour une normale inférieure à 4O). Cette anomalie est tout d'abord attribuée à une séquelle tardive de la chimiothérapie reçue antérieurement. Mais l'aggravation du taux des transaminases, notées à 229 pour les SGOT et à 588 pour les SGPT en Octobre 92, amène à envisager le diagnostic d'hépatite C qui sera confirmé en Octobre 92.

La sérologie virale montre un anticorps anti-HBc positif isolé et la biopsie du foie en Décembre 93 des lésions d'hépatite C avec fibrose extensive par endroits et des lésions d'activité non négligeable, portant à la fois sur l'espace porte et les lobules.
En dehors des séquelles radiochirurgicales normales, l'examen clinique montre une hépatomégalie douloureuse, à 3 travers de doigt, avec subictère palatin et cutanéo-muqueux, signes diffus de colite, constipation opiniâtre, ballonnement abdominal et anorexie.

Un traitement symptomatique oncobiologique, à visée exclusive de protection hépatique, est institué fin Octobre 92 pour une durée de deux mois. Il associe la prise quotidienne de 1 litre de décoction d'Aubier de Tilleul sauvage du Roussillon à une préparation phytothérapique comprenant des extraits de Boldo, d'Artichaut, de Combretum, de Bardane, de Cascara, de Noyer et du Magnésium.
L'amélioration clinique est spectaculaire en quelques jours, avec reprise de l'appétit, du transit et récupération du sommeil.

Alors que l'atteinte hépatique s'accentuait régulièrement depuis plus de six mois, les contrôles biologiques effectués moins d'un mois après le début du traitement (7 décembre 92) montrent :
SGOT passent de 6 N (229) à 2,3 N (89) SGPT passent de 16,3 N (588) à 5,1 N (184) GGT passent de 13,8 N (249) à 5,3 N (94,7)

Devant la constatation de cette amélioration, la décision de mettre en place un traitement par l'lnterféron (3 injections par semaine) est alors différée.
La preuve a contrario de la réalité de l'activité du traitement oncobiologique est apportée par la remontée spectaculaire des transaminases le 23 février (de 184 à 429 UI pour les SGPT et de 89 à 198 UI pour les SGOT, et de 98 à 330 pour les gGT) après que la malade ait été amenée à le suspendre pendant plus d'un mois.

                       

Des problèmes financiers graves l'avaient en effet mise dans l'incapacité d'acheter son traitement phytothérapique. En effet, depuis les mesures de déremboursement prises en 1989 par le ministre de la Santé de l'époque, Monsieur Evin, les traitements phytothérapiques ne sont plus remboursés, même aux malades hospitalisés qui ont droit à une prise en charge totale de leurs soins classiques pour traiter les cancers dont ils sont atteints. Affolée à juste titre devant l'aggravation de ses résultats, alors qu'ils s'amélioraient lorsqu'elle prenait le traitement à base de préparations magistrales phytothérapiques, elle décide, au prix d'un lourd sacrifice financier pour elle, de l'acheter à nouveau. Avec sa reprise permanente, on assiste depuis à une baisse régulière des transaminases (SGPT à 146 UI et SGOT à 109 UI le 6 Juin 94).

A noter en Septembre 93, au moment où elle envisage une procédure de divorce, une remontée nette des gGT et plus discrète des transaminases, traduisant plus un blocage de la fonction d'élimination du foie qu'une reprise évolutive de la maladie, puisque le mois suivant la courbe d'amélioration se poursuit. Les derniers contrôles échographiques et biopsiques ne montrent depuis aucun signe d'évolution vers la stéatose ou la cirrhose, maladies qui représentent des risques évolutifs majeurs de ce genre d'affections.

Le suivi permanent auquel elle est soumise autorise à poursuivre un seul traitement de terrain. L'évolution future est pour l'instant sauvegardée, et le traitement par l'interféron alpha qui au mieux permet de stopper le processus dans 40% des cas, et au prix extrêmement lourd pour la Sécurité Sociale, reste en réserve.

Pendant les 11 mois qui se sont écoulés depuis le dosage de Juin 94, nous avons effectué 3 autres dosages des transaminases. Le dernier, effectué le 9 Mai 95, montre que l'amélioration se poursuit. Les SGOT passent de 109 à 56,6 unités (normale: inférieure à 30) et les SGPT de 146 à 72,6 unités (normale: inférieure à 40)

  92/10/08 94/06/06 94/11/15 95/02/13 95/05/09 Normes
S G   O T 229 109 118 75,7 56,6 < 30   UI
S G   P T 588 146 146 89,1 72,6 < 40   UI

Ainsi, alors que le 23 février 93 les transaminases étaient 7,6 fois supérieures à la norme pour les SGOT et 14,7 fois pour les SGPT, le 9 Mai 95, soit 31 mois plus tard, elles ne sont plus que 1,9 fois supérieures à la norme pour les SGOT et 1,8 fois pour les SGPT.
Autre dosage intéressant : l'ARN du virus C est négatif.

L'évolution de cette maladie, dont on sait qu'elle provoque dans un nombre élevé de cas l'apparition de cirrhoses du foie, est pour l'instant très favorable.
Le traitement par l'interféron alpha, dont on sait maintenant qu'il n'est efficace que chez moins de 30% des patients porteurs de cette affection, et dont l'efficacité assortie d'effets secondaires souvent importants s'épuise avec le temps, reste pour cette malade une arme en réserve si un échappement au traitement oncobiologique apparaissait. A ce jour, heureusement, l'évolution assistée par le soutien de terrain reste très favorable.

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