Cas Clinique n°1

 

 

La Phytothérapie Clinique : une application thérapeutique

qui repose sur une approche globale de l'homme.

Docteur Jean-Claude Lapraz

MALADE ATTEINT D'UN DIABETE GRAVE AVEC POLYNEVRITE SEVERE DES MEMBRES

 

La pratique quotidienne de la médecine générale met parfois le médecin généraliste en face de décisions difficiles lorsqu'il est sollicité de donner son avis après que le patient ait d'abord pris conseil auprès de spécialistes. La position du praticien qui recourt à l'usage des plantes médicinales est encore plus difficile, car il utilise des modalités de prescription qui n'entrent pas dans le cadre du consensus médical tel qu'il est défini actuellement. Le cas suivant va nous permettre d'illustrer un tel état de fait.

Agé de 63 ans, Monsieur Christian M. consulte le 6 février 1992 pour un diabète sucré avec polynévrite intense. Son taux de glycémie est de 3,56 g/l à jeun et de 4,07 g/l après le repas. Les douleurs nerveuses sont si violentes qu'elles lui interdisent tout sommeil. L'altération de l'état général est profonde, et le médecin diabétologue consulté à l'hôpital Bichat ne voit pas d'autre solution qu'une hospitalisation immédiate avec, écrit-il dans son courrier, mise en place le plus tôt possible du seul traitement adapté, selon les critères actuels de la médecine, à la prise en charge d'un tel cas : "une insulinothérapie extrêmement rigoureuse pour obtenir la rétrocession d'une polynévrite diabétique, à savoir au moins 3 injections par jour, et un contrôle au moins 3 fois par jour...Cela doit être débuté le plus tôt possible".

Cette proposition bouleverse le malade qui, pour avoir plusieurs diabétiques dans sa famille, connait parfaitement les astreintes d'une telle décision et surtout son caractère définitif. Ayant opposé à cette proposition sans alternative un refus d'hospitalisation immédiate, il vient nous demander alors s'il est possible de différer l'insuline et de tenter d'abord un traitement ambulatoire d'épreuve avec une stratégie plus large comportant, parmi d'autres éléments médicamenteux, l'usage de plantes médicinales.

Devant la possibilité d'un suivi médical pouvant être assuré très régulièrement, avec bilans biologiques rapprochés permettant de contrôler l'évolution instantanée du taux sanguin de sucre, il est décidé de surseoir à l'hospitalisation et de mettre en place un traitement de réduction du degré du diabète, en resserrant au maximum.toutes les possibilités complémentaires qu'apporte le respect rigoureux des conditions d'hygiène et de diététique, et de liberté fonctionnelle des organes qui interviennent directement ou indirectement dans le métabolisme du sucre.
Si la normalisation de la glycémie a été obtenue en moins de deux mois, on assiste à l'atténuation lente mais régulière des signes cliniques de polynévrite, confirmée par l'amélioration parallèle et progressive des signes objectifs à l'électromyogramme.

Pendant les six premiers mois, les divers traitements appliqués associèrent aux prescriptions magistrales un antidiabétique oral à faible dose (DaonilR1 comprimé par jour), qui sera poursuivi jusqu'à obtention d'une stabilisation prolongée de la glycémie, et maintenu à cette dose par la suite. La remontée passagère du taux de sucre que l'on observe le 18 Mars 94 est liée au départ à la retraite de ce patient qui a dû alors effectuer de nombreuses démarches stressantes. Le mois suivant, après adaptation du traitement, la glycémie s'est normalisée.

Un tel cas soulève un certain nombre de questions qui doivent être abordées clairement afin qu'aucune confusion ne s'établisse.
Il est bien évident qu'une telle décision de surseoir à l'insuline ne peut être prise sans une grande maîtrise de la médecine de terrain. L'appréciation du rapport bénéfices/risques d'un traitement par rapport à l'autre doit être longuement évaluée, et étayée par des arguments cliniques et biologiques extrêmement stricts. Il ne saurait là y avoir de "bricolage" avec les plantes.

La participation du patient à ses soins a été pleine et entière, fruit de sa responsabilisation éclairée par l'éducation dispensée, et le résultat obtenu a permis d'éviter à ce patient un traitement insulinique à vie et l'économie substantielle d'une hospitalisation pour la sécurité sociale.

La prise en compte du malade dans tous les secteurs de son organisme amène obligatoirement le médecin à ne pas se limiter à prescrire un antidiabétique à un malade diabétique. L'élargissement de sa vision le conduit alors à s'intéresser aux inter-relations organiques, neurovégétatives et endocriniennes.

C'est pourquoi les traitements successifs pris par ce patient ne se sont pas seulement attachés à associer des plantes agissant sur les fonctions du pancréas, mais ils ont pris en compte la part du foie, du système parasympathique, des neurotransmetteurs, etc...dans la genèse de sa maladie, et tenté d'apporter les éléments susceptibles au mieux de corriger les désordres constatés.

C'est à de telles conditions seulement qu'il est possible d'espérer obtenir des résultats qui permettront à des malades promis à des traitements lourds et définitifs d'avoir une chance de guérison véritable.

Si, parmi les éléments complexes de son traitement, nous eûmes recours à des plantes telles que la mélisse, le noyer, la vigne rouge, le tilleul, l'artichaut, la bardane, le cascara, l'hamamélis, c'est parce que leur prescription relevait d'effets très spécifiques au malade considéré, et à des périodes bien précises de l'évolution de sa maladie. Face à un tel cas, le médecin qui prescrirait sans justification physiologique précise des plantes médicinales ferait du "n'importe-quoi-isme" et serait hautement répréhensible en faisant courir un risque certain au malade.

La complexité des prescriptions suivies par Monsieur M. dans le cadre de l'approche endocrinienne du terrain a permis une importante régression des signes de polynévrite, visualisée par les électromyogrammes successifs, ainsi que l'écrit en Septembre 94 le docteur B., neurologue, coordinateur de l'Unité de Traitement de la Douleur d'un hôpital de l'Assistance Publique de Paris :

...par rapport à l'examen réalisé il y a 9 mois, il y a une amélioration des vitesses de conduction qui sont maintenant autour de 38 m/s. Dans l'ensemble, les douleurs sont plus espacées, ce qui paraît correspondre à l'amélioration du diabète.

 

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